Viviane

Publié le 27 Décembre 2013

Viviane, Viviane, Viviane…

Pas la fée hein ! Ni ma tante dont tout le monde se fout ! Non, Viviane Ward ! Oui, toi, Julia avec ta chevelure flamboyante, ton sourire éclatant : c’est de ton personnage dans Pretty Woman dont je parle.

Tu ne soupçonnes pas à quel point tu nous as influencées ; nous ados pré-pubères et romantiques (pléonasme ?) ou plutôt quels dégâts tu as causés.

A n’en pas douter, tu as surtout failli susciter des vocations. Attention, je mesure que ce que je vais écrire n’est pas politiquement correct à l’heure des débats sur la prostitution (pénaliser ou pas, telle est la question. Le droit des femmes… tout ça tout ça), mais c’est un autre sujet.

Bref, nous sommes plusieurs à nous être prises à rêver à faire la pute (Boulogne ou Hollywood Boulevard, la différence est si mince) et à nous faire ramasser par LE beau gosse dans une Lotus furieuse dont le vrombissement du moteur est limite orgasmique.

Parce qu’évidemment, si le mec avait ressemblé à… (merde je ne veux froisser personne. Je vous laisser taper "homme laid" dans Google, ça vous donnera des idées.) et qu’il avait roulé en Simca, tout de suite, c’eût été moins efficace. Mais non, le mec, il est beau, il est classe, il est pété de tunes, il t’emmène dans un hôtel de malade…

Tu as alors remplacé "cette salope de Cendrillon" (pour citer ta cop’s Kit), la fille pour laquelle le conte de fées s’était réalisé.

Toute femme entre 30 et 47 piges qui se respecte s’est imaginée shopper sur Rodéo Drive avec une CB no limit. A la place, on essayait l’intégralité de notre garde-robe en écoutant Roy Orbison à fond les ballons et en se matant dans le miroir ou la fenêtre.

Tu nous as décomplexées aussi. On pouvait chanter à tue-tête dans le bain tout en restant sexy. Avec beaucoup d’imagination c’est vrai. (on a même mesuré nos jambes…).

Tu nous as évité de lire les œuvres complètes de Nadine de Rotschild (on avait compris le truc des fourchettes !).

Et puis, tu nous as donné le goût de l’opéra. Evidemment, s’y rendre en jet privé (ou en hélico, j’ai un vieux doute), c’est le chic absolu. Et évidemment, lorsque j’ai assisté à mon premier opéra, je n’ai pas vu de robes fabuleuses, de mondanités subtiles. Ceci dit, c’était un Simon Boccanegra dans une mise en scène très contemporaine. Finalement, j’étais presque soulagée de ne pas porter un Fred autour de mon cou (j’ai bien dit "presque").

Je ne vous refais pas le film : pendant une semaine, tu goûtes à une vie de rêve. Et paf, en grosse veinarde (bitch ?) que tu es, le Edward – en plus d’être drôle, classe, riche et raffiné – il se métamorphose en gentil. Il transforme le cheval blanc en énorme Limousine et il vient te pécho dans ton appart’, au coin d’une rue d’un quartier prétendument mal famé de Los Angeles.

Alors, certes, on ignore si vous vous mariez, si vous avez beaucoup d’enfants… Mais toi, tu l’as eu ton prince charmant qui est venu te sauver (une pensée particulière ici pour C.). Mais on s’en fout, t’es heureuse.

Eh bien, je ne te dis pas merci Vivianne !

Considérant que j’ai vu ce chef d’œuvre du 7e art lorsque j’avais 13 ans (merci de ne pas essayer de calculer mon âge ou de vous abstenir de tout commentaire), tu imagines pendant combien de temps j’ai cru que c’était possible. Alors, je ne parle pas de kiffer sa vie en faisant la pute. Non, non, je ne suis pas débile non plus. Mais le truc du prince charmant, le mec qui t’aime, à qui tu ouvres les yeux en lui montrant le sens de la vie et qui veut juste être heureux avec toi.

Je suis certaine qu’elles sont encore nombreuses à patienter derrière leur fenêtre. Je ne me prononcerai pas sur mon état d’esprit.

 

Rédigé par Jenny Grumpy

Publié dans #Réflexion

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