Lecteurs désenchantés bonsoir,

Publié le 1 Décembre 2013

Les autres, c’est-à-dire les bienheureux, les naïfs, les impudents, les imbéciles, les pervers, passez votre chemin. Vous n’apprendrez rien ici.

J’aurais pu vous interpeller avec un "Amis cyniques, bonsoir". Mais il semblerait que je ne mérite pas (encore) d’être qualifiée de disciple d’Antisthène et Diogène. D’aucuns prétendent que le cynisme est inné, ou d’autres qu’il serait lié à l’âge.

Je crois pourtant que je suis sur la bonne voie. Mon intronisation dans le fabuleux monde des quadragénaires (entendez ici les 35/45 ans) y est pour beaucoup. Je suis dans le cœur de cible alors je peux me permettre de dire ce que je veux. De ce que j’expérimente depuis quelques temps (jours ? Semaines ?), le principe en est simple : il s’agirait (notez ma précaution : j’emploie le conditionnel) de vivre à 40 piges donc, comme si on en avait 25.

Attention, je n’inclus pas dans le panel ceux qui mènent une vie conforme à mes contes de fées. C’est-à-dire, en couple, amoureux, fidèle… tout ça, tout ça ! Le truc rare et précieux.

Pour le reste, je ne suis pas certaine de trouver cet univers très joli. A quoi tient-il ? Aux sms ambigus, aux mails qui ne le restent pas longtemps, aux regards appuyés, aux mains qui glissent, à Philippe Starck, aux bars branchés, à la décadence, au désengagement, au plaisir immédiat, à la séduction, aux compliments inutiles, à l’adultère ordonnancé, à la consommation immédiate, à la lâcheté…

Alors oui, je sais. Il faut prendre ce qu’il y a à prendre. Ne pas trop intellectualiser. Ne pas juger, surtout pas. Profiter. Ne pas s’investir. Le secret serait donc de fonctionner à l’instinct, à l’instant, à l’envie, à la réciprocité, au désir.

Cette conception porte en elle ses propres limites. Quid des lendemains ? De ces secondes où l’on se contemple dans un miroir. Que reste-t-il des "jolie", "belle", "séduisante" entendus la veille au soir lorsque l’on est face à soi ? Je ne nierais pas qu’ils font un bien fou à l’égo. Ils viennent panser un animal blessé, même si personne n’est dupe. Ils sont si futiles ces compliments. La beauté ne tiendrait qu’au fait de rentrer dans du 36, de chausser des bottes de 8 (au moins), de fumer langoureusement des clopes de pétasses (des Vogue par exemple) et de porter une micro jupe noire superbe.

Là, c’est le moment où je vous parle de la beauté de l’âme, de la sensibilité, de la fragilité, de l’intelligence, de la subtilité, de la délicatesse. Sauf que, dans l’univers dont je vous parle, ces qualités ne comptent pas… ou si peu.

Il n’y a alors qu’un seul mot d’ordre, enfin non plusieurs. Faire (très) attention à soi. Ne pas se perdre. Ne pas dégrader l’image de soi. Mais kiffer !

Rédigé par Jenny Grumpy

Publié dans #Réflexion

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so 27/12/2013 23:54

Décidément, cette plume qui m'avait tant plu déjà à l'époque où tu as commencé ton blog et où j'ai arrêté le mien (Dansez sur moi, c'est très loin) n'a cessé de s'affirmer, la femme derrière aussi. C'est toujours un pur plaisir, tes écrits me parlent ô combien alors chapeau, écrire est sans aucun doute salvateur, je m'y remettrai peut-être quand je serai moins désenchantée justement mais lire l'est tout autant. Merci.

Jenn 29/12/2013 00:47

Envoie-moi un mail sur jennygrumpy@gmail.com.
Ton commentaire m'interpelle et me touche beaucoup. Mais je préfère te répondre en privé

so 28/12/2013 19:11

Hum, beaucoup de choses, un énième commentaire acerbe, de la perverse manipulation, un divorce, 3 mômes dont un "différent" comme on dit, un faisceau de facteurs plus ou moins graves qui ont eu raison de mon ton badin, entre autres ! Un jour, j'y reviendrai, j'imagine. En attendant, je lis des billets super talentueux, super émouvants et tu n'as pas idée du nombre de fois où, le soir, je me suis précipitée sur ton blog ou celui d'autres filles pour ne pas envoyer le texto assassin, celui que tu vas te reprendre dans les dents puissance 2000 au petit matin, quand toi, tu seras calmée, pour ne pas reprendre une 3e vodka tonic, une 12e clope alors que tu as déjà la gorge en feu, pour ne pas trop penser à ton mec en virée dans un lieu über branché avec ses collègues etc, etc. En bref, la lecture de vos billets si justes m'a souvent sauvée de mes excès de fille parce que par rapport à un bouquin, on imagine la personne derrière, on l'entend, on acquiesce, on réagit, on lui répond même parfois ! Alors merci encore...

Jenn 28/12/2013 09:57

Merci pour ton gentil message.
J'ai vu que tu n'écrivais plus oui. C'est dommage,j'aimais bien.
Que s'est-il donc passe pour que tu abandonnes ?