Estime de soi

Publié le 28 Novembre 2013

Je t’envie toi, la femme, qui sait si bien fertiliser l’estime de soi. Je t’envie toi, qui connais ta juste valeur. Intellectuelle, physique, morale, affective, spirituelle, sociale, professionnelle…

Je t’envie toi, qui as confiance en toi. Toi, qui te connais si bien. Toi qui te sens comme partie prenante d’un tout et unique à la fois.

Je t’envie toi… Parce que tu n’es pas moi.

J’ai pourtant bien potassé mon Christophe André illustré, mon "Estime de soi pour les Nuls ou comment apprendre à s’aimer". J’ai même fait les exercices préconisés, avec plus ou moins d’application il est vrai. Mais j’ai dû manquer un cours magistral fondamental. Si je l’avais suivi, j’aurais sans doute compris qu’on ne s’estime pas pour toutes les valeurs précédemment citées justement, mais pour ce que l’on est intrinsèquement, pour ce je ne sais quoi de singulier, quasi divin.

J’aurais surtout intégré qu’il ne faut attendre de personne la considération ultime : ni de ses parents, ni de son amoureux, ni de ses amis. Le regard qu’ils portent sur nous aide… peut-être.

Je n’ai pas eu les bases. Je n’ai pas appris que je pouvais m’aimer par moi et pour moi. Enfant, c’était fabuleux : cet amour inconditionnel qui m’a bercé était un cadeau que beaucoup m’envieraient. Il vous porte, vous enveloppe, vous envahit. Mais il ne vous construit pas.

Et vient le jour où la réalité nous confronte au regard que l’on porte sur soi. Et s’il y a une faille, même infime ; s’il y a une hypersensibilité, même sublime, alors tout peut s’effondrer. Et c’est alors la haine de soi qui prend le dessus. Haine du corps, de l’apparence et de l’intellect si longtemps portés aux nues. Les plus chanceuses tomberont sur quelqu’un qui prendra le relais ; un regard au travers duquel elles se verront. Un regard qui ne les jugera pas. Un regard salvateur… sur l’instant. Parce qu’alors, c’est le même schéma funeste qui se répète. On ne s’aime pas par soi, mais par l’autre.

Qu’elle est fourbe et évanescente l’estime de soi. On croit l’avoir acquise. Parce que l’on marche sur des hauts talons, parce que le monde du travail vous sourit, parce que l’on n’a pas l’air d’avoir porté deux enfants, parce qu’un homme vous fait tourner la tête, parce que l’on assume deux mouflets. Quel leurre ! Quelle erreur ! La besogne essentielle n’a pas été effectuée. Cette estime de soi est édifiée sur du sable : elle est fragile. Si vulnérable.

Il suffit d’un être, un seul, pour la laminer, lorsque le sol de la confiance en soi est d’argile. Le pouvoir que l’on cède à un autre de vous façonner, de vous manipuler est incommensurable.

Alors il faut tout recommencer. Ou plutôt ébaucher. Se sonder, s’évaluer, se découvrir. S’apercevoir que l’on n’est pas si mal. Que passer une soirée, des heures, des jours et des semaines en tête-à-tête avec soi n’est pas si terrible. Que le regard de l’autre n’est pas si important : ni en bien, ni en mal. Et tout doucement, cette estime de soi émerge. On se refait les cours de philo sur l’existentialisme.

Délicatement, on apprivoise ce que l’on est viscéralement. Et on l’apprécie. Et au passage, on cueille les grains de raisin que la vie vous offre. Ces rencontres qui vous font du bien, un bien fou. Celles qui vous donnent un sourire de dingue. Un air épanoui diront certains.

 

Rédigé par Jenny Grumpy

Publié dans #Réflexion

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Larry 26/03/2014 10:21

Thanks